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- Introduction : La CRISE
SELON PHILIPPE MANIERE
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Pour Philippe Manière,
la "crise" que nous venons de connaître est très
simple à comprendre :
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- "De
la même manière qu'un ménage, un état
ne peut consommer plus qu'il ne produit, et quand vous avez 15
ou 20 % de vos dépenses en plus de vos recettes, depuis
dix, quinze
ou vingt ans, et bien évidemment, vous allez dans le mur,
et là les marchés ne sont que les révélateurs
d'une vérité éternelle : c'est qu'on ne
peut pas dépenser plus que ce qu'on gagne."
- (...)
- Il était
absolument certain qu'un jour, les gens qui financent notre déficit
ouvriraient les yeux et diraient : mais écoutez, c'est
pas possible, vous êtes trop endettés, vous ne pourrez
pas rembourser, et donc je veux plus de taux d'intérêt
ou bien alors vous dépensez moins."
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- Quand Nicolas
Demorand soumet à Philippe Manière la phrase de
Susan Georges : "Ce n'est pas au peuple de payer leur
crise", reprise en substance par une auditrice, il répond
:
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- "...j'aimerais
avoir la capacité à être aussi flatteur et
dire à cette auditrice qu'elle a raison, mais en démocratie,
on considère que l'état ça n'est rien d'autre
que l'émanation du peuple. Il y a un parlement qui débat
souverainement, et donc, toutes les dépenses folles que
nous faisons depuis vingt-cinq ans, toutes, elles ont toutes
été désirées, voulues par le peuple
via ses représentants, sinon, les budgets en déficit
que nous votons depuis trente ans n'auraient pas été
votés en déficit si le peuple avait exercé
des pressions sur les représentants qui votaient ce budget.
Maintenant, j'écoutais attentivement ce que disait Susan
Georges, et là encore, j'aimerais être d'accord
avec elle. C'est tellement délicieux de recommander une
augmentation des impôts sur les riches, c'est tellement
formidable de dire que les besoins (...) sont infinis, qu'il
y a encore des gens qui ne peuvent pas se soigner, etc., tout
ça est vrai, la difficulté c'est quand vous regardez,
la France est de très loin, dans les grands pays, celui
qui a le plus gros taux de dépense rapporté à
son PIB, c'est à dire que nous avons une dépense
publique extrêmement élevée, bien plus que
tous ceux qui peuvent se comparer à nous, et vous trouverez
toujours un ou deux petits pays qui fonctionnent différemment,
mais de très loin la France est le pays qui a la dépense
publique la plus forte rapportée à la taille de
son économie. Symétriquement nous sommes, de très
loin, le pays qui taxe le plus les ménages comme les entreprises,
en pourcentage de leur recette."
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- En quelques
mots, Philippe Manière ne dessine pas la réalité
complexe dont l'endettement de notre pays est une facette, mais
distille de manière arrogante et paternaliste un catéchisme
ultra-libéral maintes fois
- entendu. "J'aimerais..flatteur...mais
en démocratie" : sous-entendu, ma petite dame,
le professeur va vous apprendre ce qu'est véritablement
une démocratie. "Les dépenses folles que
nous faisons..." C'est le fameux
- chant des
cigales, qui consomment sans compter, sans prévoir, insouciantes,
inconscientes, ainsi sommes-nous les uns et les autres citoyens
français, à l'exception des fourmis qui nous avertissaient
depuis bien longtemps de notre faiblesse irresponsable. "C'est
tellement délicieux de recommander une augmentation des
impôts sur les riches... c'est tellement formidable de
dire que les besoins sont infinis..." Ceux d'entre-nous
qui réclament de taxer les riches le font par délice,
et peu importe de savoir si les besoins d'un peuple sont légitimes
ou non : le peuple trouve formidable de dire que ses besoins
ne seront jamais assouvis.
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- "Il
était absolument certain qu'un jour, les gens qui financent
notre déficit ouvriraient les yeux et diraient : mais
écoutez, c'est pas possible..." Nous somme tous des
enfants, citoyens, qui essaient d'obtenir sans compter des bonbons,
des biscuits, des chocolats alors que nous n'avons plus d'argent
de poche. Jusque-là, les épiciers fermaient les
yeux, mais découvrant la lourdeur de notre ardoise, ils
se sont levés, ont prononcé en public notre immaturité,
et en dernier ressort présentés des verges annonciatrices
de justes châtiments. Ou comme tous les ultra-libéraux
répètent à l'envi : L'état doit se
comporter en bon père de famille et ne pas dépenser
pour elle plus qu'il ne gagne. Le bon père de famille
a vécu trop longtemps bien au-dessus de ses moyens, donc
la famille tout entière doit maintenant se serrer la ceinture.
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- Une petite
parenthèse nous conduit naturellement à ce fameux
rapport de 2005 sur la dette publique française commandé
par le ministre de l'économie et des finances de l'époque,
Thierry Breton , estimant que "la France (
) vit désormais
au dessus de ses moyens". Et à qui a été
confiée cette tâche ? A un économiste éclairé
? A une officine indépendante ? Non, à un banquier
et pas des moindres, Michel Pébereau, membre du conseil
exécutif du MEDEF, président de BNP Paribas, "l'un
des principaux établissements bancaires privés
qui "conseillent et assistent [l'État] sur sa politique
d'émission et de gestion de la dette, et plus généralement
sur toute question intéressant le bon fonctionnement des
marchés" (http://www.aft.gouv.fr/). Comme la plupart
des grands patrons, Michel Pébereau appartient à
deux clubs de réflexion (ou laboratoires d'idées,
mais pour faire chic, dites plutôt "think tank"
) au moins, l'un appelé Institut de l'Entreprise, et l'autre,
Institut Aspen, dirigé par Jean-Pierre Jouyet, président
de lAutorité des Marchés Financiers : la
bonne personne idéale pour remplir les objectifs de l'association
en question, en particulier "lexercice des responsabilités
au service du bien commun" (http://www.aspenfrance.org/En-bref,4.html),
nous aurons peut-être l'occasion d'y revenir. Thierry Breton
en fait partie, bien sûr, il ne fait pas d'ombre au tableau
des grands dirigeants : Président directeur général
de Thomson (1997-2002) puis de France Telecom (2002-2005).
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- Revenons à
Philippe Manière et montrons que ce qu'il déclame
ressortit à l'idéologie en plaçant ses propos
sous les feux d'un certain nombre de faits et de chiffres. L'infantilisation,
le mépris est manifeste dans son ton et dans ses paroles,
et je regrette que Susan Georges n'ait pas dénoncé
assez fort une telle suffisance et trouvé les mots justes
et les bons arguments pour s'opposer à cette caricature
de la réalité économique. Il suffisait de
commencer par demander à ce monsieur qui, parmi les citoyens
de notre pays, vit au-dessus de ses moyens depuis dix, quinze
ans, vingt ans : les millions de citoyens chômeurs précaires,
pauvres, ou ceux qui appartiennent, entre autres exemples, à
l'institut Montaigne, dont Philippe Manière est directeur
et Claude Bébéar, président d'Axa, le fondateur
principal ? Une chose est sûre : les premiers en ont très
peu, de moyens, et les seconds beaucoup, puisqu'un bon nombre
d'entre eux appartiennent à la fine fleur de l'oligarchie
capitaliste et financière, patrons du CAC 40, en tout
premier lieu, qui financent l'Institut, ce qu'a rappelé
Susan Georges, sans cacher le peu d'estime qu'elle lui portait.
Quelques illustrations de cette ruche capitaliste, qui à
l'instar de ses consoeurs aimerait que nombre d'organisations
humaines ressemblent aux entreprises, c'est à dire qu'elles
soient sélectives, compétitives, et surtout, profitables.
La noble maison vient de publier un rapport sur l'école
intitulé "Vaincre l'échec scolaire".
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- L'avant-propos
de ce texte débute ainsi :
-
- "Dans
un monde où la connaissance prime, l'éducation
et la formation des femmes et des hommes est la première
de toutes les ressources d'un pays. Non seulement pour élever
la performance économique nationale dans la compétition
généralisée mais aussi pour assurer la cohésion
sociale, sans laquelle rien n'est possible. » (François
Rachline, directeur général de l'Institut Montaigne)
- C'est un début.
Par la suite, le catéchisme ultralibéral émaille
ses projets pour l'école de son sempiternel vocabulaire
: "«Compétition », « égalité
des chances », « sélectionner » [les
bons chefs d'établissement qui eux-mêmes seront
chargés de sélectionner les bons professeurs, ndlr*],
« politique de ressources humaines », « recrutement
», « rémunération », «
mérite », « management », « évolution
de carrière », « évaluation »,
« reporting » (sic), « performance »,
« gestion », « pilotage », « coaching
», « leaders »
" Il s'agira de "mieux
« communiquer » sur le métier de professeur
des écoles. Ce qui signifie, bien sûr, mieux vendre
mais aussi « instaurer une politique salariale attractive
et fondée sur les résultats obtenus pour fidéliser
les équipes des établissements ZEP » [la
prime pouvant aller jusqu'à doubler le salaire de base,
ndlr].
-
- Voyons
: « communiquer », c'est-à-dire vendre, «
politique salariale attractive », « prime »,
c'est-à-dire acheter (quoi ? ), « fidéliser
» (le client). Mais qui recrute, évalue, et récompense
celles et ceux que l'on n'ose plus alors nommer professeurs ?
Le chef d'entreprise bien sûr ! Car si nous en arrivons
là, c'est bien d'une entreprise à produire de la
formation qu'il s'agira.
-
- extrait de
:
- http://www.rue89.com/restez-assis/2010/05/14/lecole-selon-linstitut-montaigne-une-entreprise-
- comme-une-autre-151143
- * le grand
penseur du libéralisme Milton Friedman le préconisait
dès les années 1960. Chacun des livres
- de ce grand
prophète doit à n'en pas douter, figurer en bonne
place dans la bibliothèque de l'Institut Montaigne, et
moins ceux de Montaigne lui-même, qui considérait
les moments de jeux très importants dans l'éducation
des jeunes enfants.
-
- Digne ministre
de l'ultalibéralisme, l'Institut Montaigne voudrait, autre
exemple, sauver l'Assurance Maladie Universelle en scindant les
dépenses de santé en deux catégories, l'une
qui relèverait de la solidarité nationale et l'autre
de lassurance privée. Parmi d'autres propositions
phares du vénérable établissement : supprimer
purement et simplement le régime des ALD (Affections Longue
Durée) et permettre aux établissements de santé
publics de changer leur statut en établissement privé
à but non lucratif. Impressionnant de cynisme, cette manière
de vouloir sauver le malade de la maladie en tuant le malade
lui-même !
-
-
- La réalité
de la dette publique ne fait aucun doute, personne ne conteste
le fait lui-même. Mais entre cette réalité
brute, et les métaphores de choc, comme celle de chaque
petit enfant français, qui naît aujourd'hui avec
17000 euros de dette sur les épaules, ou encore tous les
discours culpabilisateurs, manichéens et simplistes que
nous avons évoqués plus haut, il y a un fossé
que les néo-libéraux, à l'instar de Philippe
Manière, ne veut pas voir, ou pire, tente de dissimuler
par de pauvres arguties.
-
-
- La dette
publique : Les conditions de sa naissance ou le tournant ultralibéral
du capitalisme
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-
-
- Le premier
grand jalon de ce bouleversement a lieu en 1971, quand le gouvernement
de Richard Nixon abandonne l'étalon-or, auquel les monnaies
étaient jusque-là attachées, selon un
système
mis en place aux Accords de Bretton Woods du 22 juillet 1944,
où un taux de change fixe était basé sur
le dollar américain, lui même rattaché à
l'or sur la base de 35 dollars pour une once d'or. Depuis lors,
les monnaies dans le monde ne sont plus rattachés à
un élément tangible de la richesse, mais sont devenues
virtuelles. Avec la sortie des accords de Bretton Woods en 1973,
la monnaie entre alors dans lère des taux de change
flottants, fluctuant selon loffre et la demande. C'est
une monnaie temporaire, car elle n'existe qu'entre le moment
où elle est prêtée et le moment où
elle est remboursée.
- Le deuxième
jalon, pour la France, est posé en 1973, avec la loi Pompidou-Giscard
d'Estaing. Avant cette date, la Banque de France avait le droit
d'émettre la monnaie nécessaire à financer
des projets collectifs, Ainsi, pas d'intérêts ruineux
puisque ces intérêts n'étaient dus qu'à
la Banque de France et donc revenaient à l'ensemble de
la collectivité au travers de sa banque nationale. Après
cette date, l'Etat a accompli une terrible erreur pour les citoyens
qu'il représente : il a abandonné lui-même
ses fonctions régaliennes :
-
- "Depuis
1973 (l'article 25 de la loi du 3 janvier 1973 précise
"Le trésor public ne peut être présentateur
de ses propres effets à l'escompte de la Banque de France",
ce qui signifie que le trésor public ne peut présenter
les garanties que lui, l'État ou les collectivités
publiques auraient émis, à l'escompte de la Banque
de France ) la France s'est interdite de permettre à la
Banque de France de financer le Trésor Public, c'est-à-dire
de créer la monnaie dont elle a besoin pour pour son développement
(écoles, routes, ponts, aéroports, ports, hôpitaux,
bibliothèques, etc..) annuellement proches de son "déficit".
De ce fait, alors qu'avant elle avait le choix, la France s'est
obligée d'emprunter sur les marchés monétaire
en émettant des "obligations" auprès
des plus riches, des rentiers, et des investisseurs institutionnels
(assurances, banques, etc). L'État, c'est-à-dire
nous tous, doit payer un intérêt à ceux qui
achètent les instruments de cette dette (40% du montant
par des résidents, 60% par des non-résidents).
Au fil des années, cet argent distribué aux plus
riches plombe les finances publiques et il faut couvrir par l'emprunt
le déficit toujours justement proche du montant des intérêts.
Et le Traité de Maastricht (7 février 1992*) a
entériné pour l'Europe cet état de fait
par l'article 104 qui précise " Il est interdit à
la BCE et aux banques centrales des États membres, ci-après
dénommées "banques centrales nationales",
d'accorder des découverts ou tout autre type de crédits
aux institutions ou organes de la Communauté, aux administrations
centrales,aux autorités régionales ou locales,
aux autres autorités publiques, aux autres organismes
ou entreprises publics des États membres; l'acquisition
directe, auprès d'eux, par la BCE ou les banques centrales
nationales, des instruments de leur dette est également
interdite." Ce qui signifie en clair que les États
sont obliger de financer leurs investissements sur les marchés
financiers, en augmentant leur dette et particulièrement
celle due aux intérêts qu'ils ont à payer...
Et au total, c'est plus de 1300 milliards d'euros d'intérêts
que nous avons payé entre 1980 et 2008!"
-
- extrait
de : http://monnaie.wikispaces.com/Dette+publique
- * note
personnelle
-
- Qui se souvient
que Georges Pompidou était d'abord un grand banquier,
directeur de la banque Rotschild de 1956 à 1962 ? Que
Valéry Giscard d'Estaing, alors ministre des Finances,
avait pour conseiller monsieur Pébereau, qui sera président
de la BNP paribas, Président de la EBF etc., mais aussi
François de Combret, pour la politique des revenus, qui
deviendra associé-gérant de la banque Lazard, et
ami de longue date de Louis Schweitzer, patron de Renault. On
pourrait continuer indéfiniment : Philippe Jaffré
conseiller de plusieurs ministres sous Giscard, PDG d'Elf, connu
pour ses scandaleuses indemnités de départ, de
même que Pierre Bilger, président d'Alsthom, ces
deux derniers membre du Siècle, encore un "think
tank" pour richards, dont les cinq cent membres environ
sont issus de la crème de la classe dirigeante française.
En plus de ces collusions, se créent différentes
sociétés plus ou moins secrètes où
toute cette oligarchie se concerte, organise, planifie, influence,
et dont les plus importantes sont la Commission Trilatérale,
dit La Trilatérale, ou encore le Groupe Bildeberg : il
s'agit ici d'organisations bien établies et non d'élucubrations
d'illuminés, le Monde Diplomatique ou d'autres journaux
sérieux ont traité ces sujets, dont nous reparlerons.
-
- Notons que
les Etats-Unis avaient subi la même attaque de l'oligarchie
financière en 1913, lors de sa prise de contrôle
de la Banque Centrale Américaine. Sur cette défaite
du pouvoir politique américain, voici ce qu'aurait avoué
le président d'alors, Thomas Woodrow :
-
-
- "Je
suis un homme très malheureux. Jai inconsciemment
ruiné mon pays. Une grande nation industrielle est contrôlée
par son système de crédit. Notre système
de crédit est concentré. La croissance de la nation,
donc, et toutes nos activités sont aux mains de quelques
hommes. Nous sommes devenus un des gouvernements les plus mal
dirigés,le plus complètement contrôlé
et dominé dans le monde civilisé. Nous ne sommes
plus du tout un gouvernement dopinion libre, ni un gouvernement
par la conviction et le vote de la majorité, mais un gouvernement
par lopinion et la coercition dune poignée
dhommes dominants".
-
- source
: http://www.scribd.com/doc/26449319/Lettre-LIESI-199
-
- En décrivant
cette forme arachnéenne autour de l'Etat, nullement nouvelle
par ailleurs, où un ensemble de réseaux d'argent,
de pouvoir et d'influence tisse la toile dans laquelle toute
une société sera empêtrée, il ne s'agit
pas de dénoncer un complot et lancer des anathèmes
gratuits contre les puissants. Il s'agit seulement de démontrer,
par des faits, que nous continuons, depuis des temps bien anciens,
à être gouvernés par des hommes qui ne recherchent
absolument pas le bien commun, mais le bien d'une caste, le bien
d'une élite, et qui mettent tout en oeuvre dans ce but.
Ce sont ces hommes, de droite ou de gauche, qui ont laissé
comme ailleurs l'idéologie ultra-libérale pénétré
et façonné l'ensemble de la société,
avec une idée force : rétrécir l'état
au maximum pour qu'il n'y ait plus de frein à l'exploitation,
à la maxilisation des profits. Nous n'allons pas utiliser
de catéchisme marxiste ou autre pour en parler, mais nous
allons continuer de le démontrer, point par point.
-
- La dette
publique : De quoi parle-t-on ?
-
-
- Le terme recouvre
l'endettement public au sens de Maastricht, c'est à dire
la dette brute et consolidée des administrations publiques
(État, collectivités locales, sécurité
sociale), pour un montant d'environ 1500 milliards d'euros fin
2009 (soit 77,9% du PIB).
-
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-
-
- Introduisons
le sujet avec Philippe Derudder : --- -
 -------------------
- "Mais
il est une autre particularité de l'argent moderne: l'argent
prêté par les banques n'est pas celui que d'autres
personnes ont en trop et laissent en dépôt, mais
de l'argent qui « n'existe pas » et que la banque
« crée » sur la seule confiance qu'elle accorde
à l'emprunteur quant à sa capacité à
la rembourser. C'est ce que l'on appelle « la création
monétaire « ex nihilo* » (création
à partir de rien). C'est la seule évolution des
pratiques bancaires, sous la pression des évènements
de l'hitoire, qui a conduit à cette situation pour le
moins choquante, que les banques ont accaparé, d'une part,
un privilège d'État, et d'autres part, se sont
rendues propriétaires d'un argent qui n'existe pas, et
qu'elles n'hésitent pas à prêter avec intérêt
**!
|
La dette publique,
une affaire rentable
Philippe Derudder
André-Jacques Holbecq Editions Yves Michel, 05/2008
------------------------------------ |
-
-
- Je ne m'insurge
pas contre le principe de la création monétaire,
car elle représente un mécanisme qui garantit potentiellement
que l'argent ne puisse pas manquer, ce qui est une bonne nouvelle;
je m'insurge contre le fait que ce privilège soit abandonné
à des intérêts privés ! Qu'un Etat
soit en dette à l'égard d'une personne privée
quand celle-ci prête une partie de sa richesse existante,
soit, mais qu'il soit en dette à l'égard de cette
même personne pour une richesse qu'elle sort de son chapeau,
non! Voilà ce qui est insupportable: accepter sans rien
dire qu'une Nation soit obligée de payer une entreprise
privée pour avoir accès à son propre argent!
Trouveriez vous normal que l'on vous fasse payer les légumes
que vous faites pousser dans votre potager ? Et bien c'est cela
la dette de l'Etat."
-
-
- * Maurice
Allais, prix Nobel 1988 de Sciences économiques : "Dans
son essence, la création de monnaie ex nihilo actuelle
par le système bancaire est identique (...) à la
création de monnaie par des faux monnayeurs. Concrètement,
elle aboutit aux mêmes résultats. La seule différence
est que ceux qui en profitent sont différents."
-
- ** Ce n'est
pas la dette elle-même qui plombe les Finances de l'Etat,
c'est la charge de la dette, en clair, les intérêts.
Le tableau qui suit est éloquent en la matière
:
-
-
- extrait
de : http://monnaie.wikispaces.com/Dette+publique
- *, ** notes
personnelles
-
-
- Par ailleurs,
on parle en général de la dette sans tenir compte
des avoirs des administrations. En ne parlant que de la dette,
disent Jérôme Creel* et Henri Sterdyniak*, économistes,
experts de l'Observatoire français des conjonctures économiques
(OFCE), on caricature la situation de notre pays, car il possède
aussi des richesses, des actifs physiques, tels les hôpitaux,
les crèches, les routes, les écoles, les équipements
sportifs, etc. Cette richesse représentait environ 20
% du PIB en 2003, ce qui fait dire par ces mêmes experts
qu'un enfant qui naît est en fait, riche en moyenne de
166000 euros. Bien entendu, cette richesse ne permettra pas de
rembourser la dette, mais elle permet de la relativiser, elle
permet de commencer le débat et comprendre qu'il y a bien
d'autres sujets en jeu quand on s'exprime sur le sujet de la
dette, à la fois pour le comprendre et pour le résoudre.
-
- " La
France a certes un déficit public, mais cest lépargne
nationale qui détermine la croissance de la richesse nationale.
Celle-ci était en France de lordre de 20 % du PIB
en 2004, un peu moins que la moyenne de la zone euro (21 %),
mais au même niveau que lUE-15 et nettement au-dessus
du Royaume-Uni (15 %) ou des États-Unis (14 %). Nette
de la dépréciation du capital, lépargne
est de 7 % du PIB. Globalement, la France
consomme nettement moins quelle produit et ne vit pas «
à crédit » : 13 % du PIB sert à compenser
la dépréciation du capital ; 7 % à augmenter
son niveau."
-
- *Jérôme
Creel et Henri Sterdyniak, « Faut-il réduire la
dette publique ? »
- extrait de : http://www.ofce.sciences-po.fr/pdf/lettres/271.pdf
-
Continuons
de battre en brèche le discours simpliste sur l'origine
de la dette. Toujours selon les experts de l'OFCE, "la
croissance de la dette sexplique par le niveau du solde
public (décomposé ici en solde
structurel et solde conjoncturel, tels quévalués
par lOCDE), par le solde financier (leffet des
nationalisations, privatisations, etc.) et par leffet taux
(la différence entre le taux dintérêt
payé
sur la dette et le taux de croissance).
- (...)
- ...dans
les phases de récession, donc de déficit public,
le taux dintérêt est bas par rapport au taux
de croissance, ce qui tend à réduire la croissance
de lendettement. Ce fut le cas en France de 1974 à
1979. La
croissance de la dette publique de 1992 à 1997 ne sexplique
pas tant par des déficits structurels que par la mauvaise
situation conjoncturelle et surtout le niveau des taux dintérêt
(après la réunification allemande) dans des périodes
où la politique monétaire et la politique budgétaire
nétaient pas utilisées de façon coordonnée
(tableau 2). Le retour à une croissance plus forte permet
une baisse des déficits conjoncturels et structurels qui
compensent limpact de taux dintérêt
réels plus élevés, comme le montre la période
1998-2002."
-
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- Sources :
-
- - http://www.lecroisic-infos.fr/conseil-municipal-l-endettement-par-habitant-fiction-ou-realite-nbsp-1-21-32.html
(image de fond)
- - http://www.rue89.com/restez-assis/2010/05/14/lecole-selon-linstitut-montaigne-une-entreprise-comme-une-autre-151143
- - http://www.public-debt.org/soutien.php?a=go&public-debt=696fd41d4bfe3bc6c02de
- - http://www.asclepieia.fr/2010/05/27/assurance-maladie-institut-montaign/
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