...
         

        Je saute à pieds joints sur ce NOUS, car il installe d'emblée, à mon sens, toutes sortes de confusions et empêche de parler du sujet traité dans sa complexité. Il est un sac bourré de JE aussi divers qu'un militant actif pour l'écologie, qui a installé des panneaux solaires ou utilise des noix de lavage pour sa lessive, une femme comptant au litre l'eau qu'elle dépense, ou l'homme qui vient d'acheter un 4 x 4 hyper-polluant. Mais attention ! le militant est peut-être obligé, par sesobligations professionnelles, d'utiliser un avion bourré de kérosène. La femme qui comptabilise méticuleusement son eau a peut-être oublié qu'elle utilise des ampoules halogènes très gourmandes en énergie. Et l'homme au Land Cruiser ou autres Q7 vit peut-être au fond des bois une existence plus respectueuse de son environnement que bien des citadins. Et ne parlons même pas des millions de gens qui se battent pour chercher un toit, un travail ou/et qui peinent, selon la formule consacrée, à boucler les fins de mois : ceux-là ont plus souvent d'autres chats à fouetter que de se baigner dans des fictions apocalyptiques.

         
        Cette pluralité du sujet étant évoquée, avec ses cohortes d'intentions, de procrastinations ou d'obligations qui lui sont attachées, il nous est un plus aisé d'apprécier, ce me semble, pourquoi "nous" n'arrivons pas, comme J.P Dupuy l'affirme en substance, à entreprendre ce qui est nécessaire pour éviter au monde une catastrophe. En effet, comment la somme des JE, pétris d'intérêts, de besoins, de conscience, de volonté ou d'égoïsme de manière si différente pourrait s'entendre efficacement sur les méthodes, les actions propres à éloigner efficacement le péril annoncé ?
         
        Devant cette impossibilité criante, comment ne pas se tourner du côté du Politique, et, sans aucunement s'exonérer de ses responsabilités de citoyen, demander à ce NOUS capable, en théorie, de se placer au-dessus des intérêts et des volontés personnels, d'être synonyme d'État, de puissance politique dont une des missions principales (en théorie toujours), est d'assurer la sécurité de ses propres habitants. Qui d'autre peut décider d'orienter les choix énergétiques, économiques d'un pays ? Qui d'autre peut exiger de millions de gens telle ou telle mesure nécessaire à leur survie, à la pérennité du genre humain ?
         
        D'ailleurs, rendons justice à notre auteur, puisque plusieurs paragraphes plus loin, il ne dit pas autre chose : "La solution se trouve évidemment au niveau du politique, mais...".
         
        Et j'aimerais m'arrêter une seconde sur la subordonnée qui va suivre, car elle est typique de la réthorique philosophique : "...mais le politique a perdu cette capacité d'autotranscendance que j'évoquais plus tôt, cette image de l'avenir désirable et crédible qui nous permettrait d'avancer." Je ne dirai pas de cette phrase qu'elle est fausse. Ni qu'elle est vraie. Elle me paraît, encore une fois, s'éloigner de la réalité concrète qu'il s'agit d'analyser et l'auteur aurait dû, à mon sens, en faire l'économie : nous pourrions en citer bien d'autres dans cette interview et dans de nombreuses paroles qui se piquent d'analyser le monde contemporain.
         
        À la place, et après avoir montré le rôle incontournable des États dans la résolution des problèmes écologiques de la planète, je n'aurais glosé ni sur le sacré, ni sur les atermoiements des hommes qui peuvent tenir un fait à venir aussi certain qu'impossible : Une fois encore, je ne dis pas que ces sujets n'ont pas d'intérêt, je dirais même que le second m'apparaît comme assez passionnant, mais ils ne me paraît pas opportun d'articuler l'un avec l'autre.
        Quel intérêt, en effet, déclarer "nous savons que la catastrophe écologique est en marche, (...) mais nous n'y croyons pas suffisamment pour prendre des mesures radicales."

        Toujours ce NOUS indéfini, qui devrait CROIRE pour décider des actions décisives à l'encontre des grands dangers environnementaux. Par quelle magie, la croyance nous aiderait à agir efficacement dans ce but ? Et l'auteur de parler ethnologie, fado, et plus, loin, nous en reparlerons, christianisme, sortis de sa collection d'objets sacrés qui, au lieu d'éclairer son sujet (le destin de l'humanité, nous dit Télérama, "que le réchauffement climatique et la prolifération nucléaire menacent..."), le parasite inutilement, à mon sens.

        Au contraire, quand l'auteur parlent des travaux du GIEC (Groupe Intergouvernemental d'experts dur l'Évolution du Climat), du film d'Al Gore* (Une vérité qui dérange)
        * ou du rapport Stern, il permet au lecteur de se rendre compte que les gouvernements du monde connaissent la situation estimée par certains scientifiques.

        * Précisons que le titre original du film est "An Inconvenient Truth" et qu'il n'a pas été réalisé par le vice-président américain mais par Davis Guggenheim. Et LE SAVIEZ-VOUS ? : Des journalistes ont révélé que Gore dépendait 25 000 dollars par an d'éléctricité, c'est près de vingt fois plus que la moyenne américaine, sa piscine seule consommant plus qu’une maison américaine de taille classique ! Cynique, non ?

 Le GIEC nous précise l'auteur, indique que nous approchons "un point de basculement", ce tipping point anglo-saxon qui revient souvent dans la bouche du professeur. Le rapport Stern aussi cité, aussi, "qui montre qu'il en coûterait beaucoup plus à nos économies de ne rien faire sur le changement climatique que d'agir," mais aussi qui "va jusqu'à prédire la fin du capitalisme si l'on ne ralentit pas drastiquement les émissions de gaz à effet de serre"

 

  . 70% entre 1970 et 2004 dont 24% depuis 1990. Ainsi ont augmenté les émissions mondiales de GES : Gaz à Effet de Serre. On est sûr aujourd'hui que cette augmentation est en grande partie anthropique, c'est à dire causée par l'homme, les activités humaines.

. < de 3% du PIB mondial : Le GIEC et le rapport Stern sont d'accord sur le coût d'une action efficace contre les GES. A défaut de celle-ci, Nicholas Stern parle de 5% par an de perte de PIB mondial.

 

avecd'augmentation de la température de la planète (hypothèse peut-être optimiste) pour la fin du siècle, objectif minimum conseillé par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD)
---=
+ fonte des glaciers, de la banquise entraînant une l'élévation du niveau moyen de la mer estimée entre
    9 et 88 cm, selon les modèles
+ 2 milliards d'hommes victimes de stress hydrique
+ de sécheresse, désertifications ou d'inondation dans les pays du Sud
+ d'ouragans, d'incendies, etc.
+ de famines, d'épidémies, de risques sanitaires (400 millions de personnes touchées par le paludisme ?)
+ déplacement importants de populations : 332 millions de personnes vivant dans les zones côtières et dans les zones de faible élévation du fait des inondations et des tempêtes tropicales.
+ conflits et guerres qui résultent des situations précédentes
+ 15 à 45 % d'espèces animales et végétales menacées
+ écosystèmes en danger : forêts tropicales (mangroves, en particulier), récifs de corail...
 
etc. etc.
Selon le GIEC :
La température moyenne mondiale pourrait grimper de 1,1 à 6,4°C d'ici à 2100
 
Les émissions de certains gaz à effet de serre, dont le CO2, ont des effets très durables sur la composition de l'atmosphère.

    Puisque le Politique est la principale clef de cette affaire, puisqu'il n'intervient radicalement nulle part, la logique devrait commander à l'auteur de se demander pourquoi une telle négligence. Il prononce cependant une phrase très juste à son propos, quand il affirme : "il se contente de gérer l'économie - ou pire, de tout gérer sur le mode de l'économie." Nul doute qu'il y a dans ces mots du vrai et du banal à la fois : que n'entend-on en tous sens : "c'est le règne de l'argent roi", "c'est la finance qui commande tout", "l'économie qui dicte sa loi à la politique". Il nous manque de comprendre la nature de cette carence, de cette paralysie.

    C'est peut-être à partir de là que le philosophe se fait le plus décevant, poussé par l'interviewer qui parle du sens laïc que l'auteur donne au mot sacré, en rappelant son distinguo entre le "chrétien intellectuel" et "l'intellectuel chrétien."
    À ce moment-là, j'ai envie de lancer : "patatras !" Le philosophe quitte le terrain où je pouvais échanger avec lui pour un autre, où je ne saurais trouver ma place et mes questions restent sans réponse.
     
     "Chez moi, le rapport au christianisme passe par l'intellect... Si je me dis chrétien, c'est parce que le christianisme élabore une science de l'homme beaucoup plus forte que toutes les autres sciences de l'homme que j'ai pu rencontrer..." Le christianisme est une croyance, faut-il rappeler ici cette lapalissade ? Un Dieu, un Esprit saint, un Fils de Dieu venu sauver les hommes de leurs péchés, un Salut (corrélé à l'idée d'un Paradis) pour ceux qui se conformeront aux désirs du Tout-Puissant, une Damnation (corrélée à l'idée d'un Enfer) pour les autres. Croire que l'humanité est issue d'une déesse, d'esprits habitant les forêts ou les profondeurs de la Terre, de mondes extra-terrestres ou encore de génies planant sur les eaux ou sur les nuages, tout cela est du domaine de la conviction, injustifiable, indémontrable. Libre à quiconque de posséder telle ou telle foi, de se donner le Dieu de son choix : Nous ne connaissons pas un iota sur la vérité de ces choses. N'en connaissant pas un iota, je le répète, le christianisme a quand même réussi le tour de main fantastique d'écrire sur elles des milliers et des milliers de livres pendant des siècles et, à lire notre philosophe chrétien, continue ici ou là à s'ériger en science.
     
    Une science de l'homme, précise l'auteur. L'ethnologie, en étudiant par exemple les rapports matrilinéaires d'une société donnée est une science humaine, oui. La sociologie en analysant par exemple le comportement des foules, est une science humaine. Idem pour l'anthropologie. Le Christianisme, en se basant sur tout un tas de présupposés gratuits, dont nous avons donné quelques exemples plus haut, ne peut en aucun cas avoir une telle prétention. En disant cela je ne dis pas que le Christianisme n'a rien à dire sur l'homme, soyons clairs. Peut-être même qu'il pourrait jouer (ou qu'il ne joue déjà) un rôle en opposant à beaucoup de valeurs triomphantes et mortifères de l'ultra-libéralisme ses valeurs de charité, d'humilité, de partage et de dépouillement. Peut-être. C'est un autre débat.
     
    Ce n'est pas une raison pour accepter l'enthousiasme délirant de l'auteur à propos de la religion chrétienne, et là, je n'ai pas peur de parler de scandale. J.P Dupuy affirme :
    Ce n'est pas un hasard, tout de même, si tout ce qui s'est pensé depuis deux mille ans est issu du christianisme : il nous entraîne, il nous imprègne."
    Aïe aïe aïe ! Comment, en énonçant cette phrase, ne pas se rendre compte de sa fausseté et de son aberration ? Point de pensée en-dehors du christianisme en 2000 ans ?
     
    Alors, exit le bouddhisme zen, le taoïsme, les Uppanishads, la mathématique indienne. Exit Tierno Bokar. Exit Hamadou Hampâté Bâ. Exit le Mahatma Gandhi. Rabindranath Tagore. Exit la sagesse nahuatl, maya ou kayapo. Exit les contes, proverbes, musiques et autres traditions peuls, mandingues. Exit la cosmologie Dogon. Exit Ibn Khaldoun, Ibn Sîna, Al-Kwârizmi et tous les savants et traducteurs musulmans et juifs qui ont transmis à l'Occident le papier, l'astrolabe, le sucre, l'alambic, des techniques d'irrigation, des espèces botaniques et j'en passe, l'algèbre, la trigonométrie, une grande partie de la transmission de la philosophie grecque, des traités de médecine, le jeu d'échecs, la soie, etc : La liste est loin d'être exhaustive et elle parle déjà avec éloquence de ce que fut un des plus grands laboratoires intellectuels et scientifiques de l'histoire, je veux parler de la culture médiévale de l'Espagne arabo-andalouse.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     La meilleure illustration récente est peut-être celle du pape Benoît XVI, qui s'apprête à béatifier le si courageux Pie XII, qui lève l'excommunication du prêtre négationniste, Mgr Richard Williamson,  et qui salue la décision de l'archevêque de Recife, dans le nord-est du Brésil, Monseigneur José Cardoso Sobrinho, qui a excommunié une femme pour avoir fait avorter sa fille de 9 ans, violée par son beau-père. La science du grand Patron des catholiques est d'une profondeur infinie, non ?

     

      

     

     

     

    Je me souviens avoir dévoré ce livre de Juan Vernet, édité chez Sinbad :

    Note du 26/05 en entendant une émission de France-Culture sur le livre polémique de Sylvain Guggenheim (Aristote au Mont-Saint-Michel. Les racines grecques de l’Europe chrétienne)qui prétend que la culture hellénique occidentale s'est construite toute seule sans les Arabes : une sottise unanimement reconnue par les historiens, qui relèvent une montagne d'erreurs dans ce livre. Un livre à éviter absolument, pour ne pas confondre histoire et idéologie.

 Et pour finir, encore ce NOUS encombrant, et plus encore ici, pénible : "il nous entraîne..." qui me ferait devenir presque grossier. Parle pour toi, mon pote ! Malheureusement, dire qu'"il nous imprègne", est indiscutable s'agissant d'un NOUS élevé aux mamelles du christianisme. Accablés dès les premiers siècles par le poids du péché, ce poids n'a fait que peser de plus en plus lourd sur le dos des hommes et des femmes, ce joug a empêché les corps et les esprits durant trop longtemps d'être libres.

Alors les hommes d'Occident (et tous ceux qu'ils ont contaminés) en sont encore bien imbibés, c'est sûr, et les valeurs chrétiennes si diluées dans le lait de leur propre mère, riche d'accaparements, de convoitises, de noirs desseins, de crimes épouvantables, de tant d'aveuglements et de vacuité, qu'on peut à juste titre continuer jusqu'aujourd'hui d'être terrorisé par cette prétendue science qui possède dans ses axiomes l'amour du prochain et qui a régné si longtemps sur les âmes par la terreur.

Au lieu de nous égarer et de dire les bêtises qui ont été commentées, les faiblesses qui ont été pointées, l'auteur aurait pu ébaucher la complexité du problème. Pourquoi par exemple, sommes-nous toujours au même point sur le réchauffement climatique, alors que de multiples conférences, accords gouvernementaux se sont produits ? :
 
- Convention des Nations Unies adoptée à Rio (1992) pour "stabiliser (…) les concentrations de gaz à effet de serre dans l'atmosphère à un niveau qui empêche toute perturbation anthropique dangereuse du système climatique." (article 2)
- Protocole de Kyoto (1997) qui prévoit des engagements chiffrés de réduction des émissions de GES d'ici 2008-2012 de la part des pays industrialisés, tout en sachant que les Etats-Unis ont refusé de le ratifier : Les Américains sont à l'origine du quart des émissions mondiales !
- Le Grenelle Environnement (2007) : Concrétisation du Pacte Écologique de Nicolas Hulot, projet français annoncé par le ministre de l'Écologie et du Développement durable Alain Juppé, dont les critiques les plus virulents ont pu dire qu'il annonçait "une dictature « verte » où les riches paieront pour avoir le droit de polluer [allusion au projet de taxe pollueur-payeur] et de manger bio, pendant que les pauvres hériteront d'un inframonde bardé de prohibitions, de pénuries et d'aliments synthétiques" (mensuel CQFD : Ce qu'il faut dire, détruire, développer)

Il n'est pas très compliqué, me semble-t-il de comprendre les raisons globales de la paralysie touchant les gouvernements de la planète. La planète entière est en route vers un modèle de société unique, piloté par l'ultra-libéralisme, l'auteur le dit en substance. Ce qu'il ne dit pas c'est la grande diversité des obstacles qui empêchent d'opérer les changements drastiques nécessaires à la lutte contre le réchauffement climatique. Quel président, quel ministre, avec la meilleure volonté du monde, aurait le pouvoir de les prendre à bras le corps ? Quelques exemples concrets :
 
- Comment diminuer les transports aériens ou automobiles sans changer d'objectifs économiques productivistes, sans modifier profondément les mentalités individualistes ? Quid de tous les acteurs de ces industries qui ne seraient plus des moteurs économiques ? Quid des emplois qui y sont rattachés ?
- Comment empêcher la déforestation dans toutes ces régions du monde où le bois est le seul moyen de se chauffer, de faire cuire les aliments ?
- Qui a les moyens de payer une facture du tout-électrique, alors que le coût de l'électricité est prohibitif ? Puisqu'il l'est, comment ne le serait pas la consommation de voitures électriques ?
- On avance souvent les énergies renouvelables comme élément principal de la question énergétique : L'éolien, de par sa production intermittente, n'est pas applicable pour l'instant à l'industrie. Comme elle, l'énergie solaire est souvent très coûteuse, et peu rentable dans certains pays comme le Danemark, par exemple, où la production n'est pas satisfaisante… et polluante, car ce sont des centrales à charbon qui compensent le manque d’énergie par manque de vent ou de soleil.
- La plupart des industries qui travaillent au confort des sociétés développées ne sont pas imaginables sans pétrole : acier, béton, plastique, et beaucoup d'autres matériaux. Là aussi des changements drastiques réclament une remise en question profonde des mentalités.
- Comment demander aux pays en voie de développement comme la Chine d'opérer des coupes drastiques dans leurs dépenses de gaz ou de charbon, dont ils tirent leur croissance ? La plupart de leurs dirigeants répondent qu'il est plus facile aux pays occidentaux de leur faire la morale maintenant qu'ils ont pollué à tout va pour être au niveau où ils se trouvent.
 
Etc. etc.
 
De tels exemples peuvent être cités à foison et permettent de toucher du doigt sinon l'impossibilité de la tâche, son extrême complexité, au-delà de tous les discours généraux et bavards sur le sujet et éclairent (un tout petit peu, il va sans dire) la difficulté de résoudre le problème du réchauffement climatique.

 Sources :
 
http://www.ladocumentationfrancaise.fr/dossiers/changement-climatique/lutte-rechauffement.shtml
http://groups.google.com/group/protecteurs-de-lenvironnement/browse_thread/thread/15b288daf17c38cc
http://acces.inrp.fr/eedd/climat/dossiers/politiques/regards-croises-sur-le-rapport-stern
http://www.ifrap.org/Ce-qu-on-dit-et-ce-qu-on-ne-dit-pas-sur-l-ecologie,0143.html
 
photo : http://canada.grandquebec.com/wp-content/uploads/usine_fraser.jpg