Le dernier bal de Salonic Ysokras
 
 
 
- A qui le tour, mon Pierrot ?
- Salonic Ysocras, monsieur.
- Bien. Signes particuliers ? (Pierrot ne lâche pas la ligne du doigt, baisse les yeux)
- Avocat, maire, ministre, président de …
- Qu'est-ce que vous voulez que ça me foute, mon petit ? Rien à branler, aux faits, mon ami, aux faits, je vous prie. Vous avez un peu tendance, en ce moment, à vous éloigner du cœur de notre activité. Allons, ressaisissez-vous !
- Mille pardons, monsieur. Voilà (Il fait glisser son doigt à toute vitesse, tourne une
page). Dans l'enfance…
- Non, mon petit, oublions l'enfance, s'il vous plaît. Vous allez encore m'attendrir, je le sais d'avance, cœur d'artichaut je suis, cœur d'artichaut je resterai. Je vous l'ai déjà dit, sauf cas particulier, nous nous intéressons aux grandes personnes. Celles qui peuvent décider de repeindre leur salon couleur pistache ou d'aller manger japonais un jeudi midi, par exemple.
- Entendu, monsieur. Mais, si vous me permettez, justement, je crois qu'il s'agit là
d'un cas un peu particulier. Il a passé toute sa vie au service des autres et n'a pas eu le temps de penser à lui. Alors, vous comprendrez qu'il rentre difficilement dans une case. Tenez, par exemple : regarde vivre les oiseaux, je ne peux pas cocher, admire le ciel, non plus, s'émerveille d'un texte, d'une parole spirituelle, tous les
jours, plusieurs fois par jour, toutes les semaines, ça va forcément le plomber, toutes ces questions-là, je ne sais pas si c'est vraiment…
- Juste ? Impertinent, va ! Tu oses mettre en doute mes principes de justice ?
- Jamais de la vie, monsieur, mais…
- Il suffit ! ma patience a des limites. Ce que je vois, c'est que l'affaire est bien mal embouchée. Introduis-le maintenant, et que ça saute !
- Sur le champ, monsieur.
 
Une petite inclinaison de la tête et il se retire à reculons jusqu'à une immense porte, l'ouvre, se sert de ses mains en guise de porte-voix et annonce : "INTRODUISEZ SALONIC YSOCRAS !" Sept coups de trompettes après, apparition de l'intéressé encadré par les deux vigiles de service, les très élégants et fringants Michel et Gabriel. "Baisse la tête en entrant", lui lance Michel avec un air pénétré. Puis les deux gardiens éclatent de rire derrière un Ysocras qui commence à présenter des signes d'inquiétude. La Porte s'ouvre. Lentement. Trop lentement, pour Salonic, qui essaie en vain d'accrocher son regard à son sommet, aveuglé qu'il est par une lumière qu'il n'a jamais vue, si blanche, si éclatante. Il avance, une main sur les yeux.
 
- Approchez, Salonic, approchez, ne craignez rien. Depuis quelque temps, je jette un peu de perlimpinpin pour le décorum. J'en ai marre des "monsieur, dans les livres on dit que vous êtes comme ci, que les murs et les sols de chez vous sont comme ça, que c'est Versailles en plus grand", et patati et patata. Ils n'ont pas tout à fait tort, remarquez. Après tout, c'est une cérémonie qui compte, pour chacun de vous. Pierrot ?
- Tout de suite, monsieur.
 
Il accourt en ahanant. Il faudra bien oser dire un jour au Très Vieux que le livre commence à être inremuable, mais pas cette fois, il ne le sent pas, mais alors, pas du tout.
 
- Merci, mon petit. Devriez faire un peu de sport (mine boudeuse du porteur). Une petite mise au point pour commencer, Salonic. Vous n'ignorez pas, j'imagine, où vous avez atterri ?
- Non, Très… (geste évasif du Très Vieux)
- Monsieur, ça m'ira bien. Moins de lettres, ça gagne du temps, et c'est tant mieux parce que nous avons pas mal de dossiers en souffrance. Hi hi ! je ne l'avais jamais faite celle-là (une main sur la bouche, l'autre sur un crayon), il faut que je la note. Vous permettez ? Rien de personnel, je vous assure. Bon. Reprenons. On vous a dit, pour le règlement ?
- Oh la la, oui (on lit son soulagement sur la figure), Salonic connaît bien les règlements, monsieur, depuis tout, tout petit (il baisse la main à la hauteur des trois pommes) kyrie, pater, ave, le Notre Père (grimace douloureuse de son interlocuteur), papa Ysocras était un homme entièrement…
- Oh la la, oui, contrefait le Très Vieux, papa Ysocras… Mon garçon, je ne vous
demande pas de répéter comme un perroquet ce qui se dit en bas (il pointe un doigt vers le sol). C'est comme pour le reste, ils racontent ce qu'ils veulent, en bas (repointage du doigt, plus ferme, la colère qui monte lui rougit le front et soudain, relâchement). Bon. Pas la peine de s'énerver, on va reprendre tout à zéro (petits tapotements de mains sur ses cuisses pendant qu'il réfléchit). Savez au moins pour les deux options principales ?
- C'est ce qu'on dit en bas, ça, réplique timidement Salonic.
- Et bien parfois, ils ont bon, en bas, ça peut arriver, rétorque le Très Vieux, agacé.
- Ah…
- Et oui. Je ne vous demande pas ce que vous préférez, poursuit-il d'une voix blasée. A part de très rares huluberlus… Bon. Passons aux choses sérieuses. On attaque avec la spiritualité.
 
Il consulte son livre. Salonic s'empresse de parler :
 
- Un jour de décembre, j'ai affirmé la primauté du spirituel, vous savez. Vous pouvez vérifier. Je connais encore mon texte par cœur (il gonfle la poitrine) :
Dans la transmission des valeurs et dans l'apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l'instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé, parce qu'il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d'un engagement porté par l'espérance.
 
Au milieu de la récitation, le Très Vieux a levé lentement les yeux du livre. A la fin, on entend au loin des applaudissements. Le Très Vieux jette un regard noir à l'ombre, près de la Porte, puis un autre, très différent, à Salonic. Inexpressif. Nouvelle inquiétude du petit nouveau. Et tout d'un coup, le rouge revient au front du Très-Vieux, comme tout à l'heure, mais aussi sur ses joues et disparaît aussi vite qu'il est apparu.
- Pierrot ?
- Oui, monsieur.
- Allez me chercher un chewing-gum.
- Quelle marque, monsieur ?
- Sans importance. Ce que Gabriel ou Michel trouvera chez Lidl ou Leaderprice à
un prix raisonnable.
 
Le chewing-gum est déjà là que Salonic a encore les yeux médusés.
 
- Je vous expliquerai après, mon petit. Mâchez. Non, ne fermez pas la bouche, comme si vous étiez en public. Faites-le relâché, comme si vous étiez seul, à vélo, dans Boulogne.
 
Salonic s'exécute, bien sûr. Il n'est pas à la peine, il aime bien le chewing-gum, en plus. Pierrot s'approche, tend l'oreille, se retourne vers le Très Vieux.
 
- Vous alors ! Quelle intuition ! Remarquable !
- Intuichion ? fait Ysocras. Quech qui est remarquabe ? (Il s'arrête de mâchonner).
- Les deux font le même bruit, lui répond le portier. Exactement.
- Les deux quoi ?
- Votre phrase, là (il essaie l'imitation) la radicalité du sacrifice et tutti quanti. Le même bruit que le chewing-gum, dites-donc.
- ????
- On appelle ça une allégorie, mon vieux.
 
Salonic Ysocras baisse la tête, penaud.
 
- Vous doutez de ma foi ?
- Qui a parlé de foi ? intervient le Très-Vieux. Tu as parlé de foi, toi, mon Pierrot ?
- Non, je ne crois pas.
- Moi non plus. J'ai dit spiritualité, Salonic. Et dans votre phrase, là, pas un pet de lapin, pas une once. La spiritualité, ça doit habiller les jours, mon vieux, ça doit habiter les nuits, ça doit être posé sur soi comme un manteau invisible et doux (Deux ronds de flanc, pour Salonic). Allez, on va passer au Bien. Vous avez occupé toute votre vie des fonctions pour le bien commun, vous devriez scorer, cette fois.
 
Salonic a bien senti en même temps le lard et le cochon.
 
- J'ai essayé de faire le bien, c'est vrai, pour en faire profiter tous les Fronçais.
- Par exemple ?
- Oh, il y en a tellement… Je peux parler de la sécurité, lâche Salonic.
 
Le Très Vieux se replonge dans le livre.
 
- Il y a des choses là-dessus, en effet (sourire béat d'Ysocras). Pierrot ?
- Oui.
- Je n'arrive pas à te relire. Là (Pierrot s'approche, déchiffre, lui parle à l'oreille).
- Tu vas m'en chercher un modèle ? Le même qu'à l'époque, tu peux me trouver ça ? (haussement d'épaules de Pierrot et départ en trombe par une petite porte).
- Une nouvelle allégorie ? chuchote Salonic.
- Raté ! balance le Très Vieux d'un ton enfantin, comme s'il avait sauvé le Mistigri.
Conditions réelles, cette fois.
 
Et Pierrot est de retour, peinant à porter un appareil étrange.
 
- Oh, je vois, dit Salonic en secouant la tête. Vous vous trompez, cette fois. Moi aussi j'allégorise, de temps
en temps.
- Objection, lance Pierrot, en préparant l'engin.
- Objection retenue, dit à son tour le Très Vieux. Vous connaissez, vous avez été avocat. Vous avez dit "nettoyer au sens propre comme au sens figuré". On veut juste voir si ça fait
vraiment du bien, rien d'autre.
 
Salonic Ysocras succombe d'un coup à la panique, court se cacher derrière un pan de robe du Très Vieux, s'accroche à lui de toutes ses forces.
 
- Voyons, Salonic, ne faites pas l'enfant, vous êtes déjà mort.
- Vous savez que ça balance avec une sacré pression, ces trucs-là ? Vous voulez ma peau, hein ? C'est
ça ?
 
Les deux autres font la moue. Déception partagée.

- Je croyais que nous allions batailler longtemps sur ce point, fait le Très Vieux, et qu'avec tout votre verbiage, vous alliez essayer de défendre l'indéfendable, mais puisque nous sommes d'accord, autant passer à autre chose. Allez, range-moi cet outillage, mon bon Pierrot, et dis à Gabriel de le rendre à Kiloutou, nous n'en aurons plus besoin. Boirais bien un p'tit coup, moi. Pas vous ?
- Je ne bois que de l'eau Très Saint…
- Voilà que ça lui reprend. Et pour l'eau, vous avez tort, ça ne vous fait aucun point
(clin d'œil au candidat), même le fiston en a goûté ! Tavernier !
- Voilà, voilà, dit Pierrot.
 
Il sert le vin, l'eau, ensuite le Très Vieux semble tomber dans une profonde rêverie. Salonic Ysocras sent bien que l'affaire tourne au vinaigre. Il s'éponge le front, se rappelle la lave en fusion du volcan Krakaquelquechose, se voit tomber dedans à partir du ciel. Ce n'est pas possible. Se lever tous les matins aux aurores, se coucher le soir à pas d'heure pendant des années, pour ça. C'est horriblement…
 
- Injuste ? tonne soudain le Très Vieux. Mais prenez votre vie à un bout ou à un autre, mon petit Salonic, et déroulez, déroulez. Ce n'est pas de ma faute, tout de même, si vous avez fait le plein de choses qui n'entrent pas dans les critères de sélection pour l'option que vous avez choisie. Je pioche, au hasard : l'amour du prochain, l'humilité, la joie des petites choses, l'émerveillement, la défense des déshérités, la sagesse, j'arrête là, moi, le vin me tourne la tête. De toute façon, je vous conseille de vous résigner à l'autre option, vous avez tout à y gagner.
- Ah ?
- Bien sûr. J'ai devant moi la liste d'invités de votre plus gros anniversaire.
- Je ne vois pas…
- C'est simple, avec l'option choisie vous n'auriez quasiment pas un seul ami avec vous. L'ennui assuré. Je ne vous vois pas passer vos journées avec nous à peindre les ailes des papillons, refaire et défaire le ciel à nuages rompus, sortir toutes les langues de leurs poches, partir de chez vous la fleur au pubis, passer le temps parce que le temps, ici, est en argent. Non, je ne vois pas. Une de ces choses vous plaît-elle par-dessus tout ?
- Euh…
- Vous voyez. Tout à gagner, je vous dis.
- Vous êtes sûr ?
- Tu entends ça, Pierrot ? Monsieur demande si je suis sûr !
- Triple couillon, résonne au loin la voix du portier.
- Pierrot ! fait la voix tendrement offusquée du Très Vieux. Au lieu de dire des bêtises,
fais venir Michel et Gabriel.
- Bien, patron.
- Signez là, dit le Très Vieux.
 
Salonic Ysocras fouille dans sa poche intérieure, en sort un stylo, en ôte le capuchon et se penche pour lire le papier.
 
- Bonjour la confiance. Tiens, fait la voix facétieuse au-dessus de lui, je crois que je reconnais le stylo. Ce n'est pas le Montblanc Meistersück 149 que vous avez piqué en Roumanie, pendant les accords de 2008 ?
 
Rouge pivoine, Salonic. Jusqu'aux oreilles. Il signe à toute vitesse, tend le stylo mais aucune main pour le lui prendre.
 
- Gardez-le, je sais que vous aimez tout ce qui brille. Je préfère mon vieux crayon avec son moignon de gomme. Allez-y, maintenant, Gabriel et Michel n'aiment pas attendre, et puis…
 
Cette fois, le Très Vieux voit arriver la blague devant ses yeux, il ouvre sa bouche, retient son rire et éructe : "J'AI D'AUTRES DOSSIERS SUR LE FEU !" Et son rire explose dans le ciel, faisant tomber une pluie de bonbons, de sucettes, de berlingots, de barbes à papa, pour le bonheur des petits, des moyens et des
grands, pour les noirs, les blancs, les jaunes, les rouges, les bleus, les verts, les forts en t'aime, les nuls en mate, les poètes en verres, ceux qui aiment faire la hune, et tous les autres, qui sont heureux d'apprendre que le sarkophage n'est pas pour eux, qu'ils n'attraperont jamais le sarkopte de la gale ou le sarkome de Kaposy.
 
Imaginez une seconde
 
Avec effroi
 
Le cancer au Paradis
 
 
image du diable extraite de :
http://blogs.mollat.com/litterature/files/diable-1op.jpg
 
 
 ... 

 


Nicolas Sarkozy, petit florilège,

pour rappeler à certains qu'on peut ne pas aimer du tout notre chef de l'État par simple défoulement mais parce qu'il a prononcé beaucoup de paroles jugées stupides ou détestables, accompli des actes que l'on réprouve ou n'agit pas du tout comme on n'attend qu'agisse celui qui a un jour en main une partie de nos destinées et de nos rêves.

1988 -1993 et 1995 - 2002,
Nicolas Sarkozy, député

Selon le député de l'Aisne René Dosière, par ailleurs spécialiste du budget de l'Elysée, qui s'est penché sur la présence de Nicolas Sarkozy à l'Assemblée Nationale quand il était député des Hauts-de-Seine, l'actuel président de la République a fait dix interventions courtes totalisant moins d'une heure de parole pendant douze ans de vie parlementaire, sans compter qu'il y a de nombreuses années où on ne trouve aucune trace de sa présence.
 
2004,
La République, les religions, l'espérance, écrit par Nicolas Sarkozy, Thibaud Collin et Philippe Verdin aux Éditions du Cerf.
 
"Je crois en l'importance du fait religieux dans la vie de nos sociétés, peut-être encore plus aujourd'hui qu'hier...
Il est certain que les valeurs chrétiennes ont été civilisatrices en Europe et leur influence dominante."
 
20 juin 2005,
La Courneuve, Cité des 4000
 
"Dès demain, on va nettoyer au Kärcher la cité des 4.000. On y mettra les effectifs nécessaires et le temps qu'il faudra, mais ce sera nettoyé",
 
26 octobre 2005,
Argenteuil
En réponse aux propos d'une femme, au balcon d'une H.L.M, demandant au ministre de l'Intérieur de débarrasser la cité des ses "racailles".

"Vous en avez assez, hein ? Vous avez assez de cette bande racailles ? Ben, on va vous en débarrasser."

avril 2007.
dialogue avec Michel Onfray, Philosophie Magazine n°8

"J'inclinerais, pour ma part, à penser qu'on naît pédophile, et c'est d'ailleurs un problème que nous ne sachions soigner cette pathologie. Il y a 1200 ou 1300 jeunes qui se suicident en France chaque année, ce n'est pas parce que leurs parents s'en sont mal occupés ! Mais parce que, génétiquement, ils avaient une fragilité, une douleur préalable. Prenez les fumeurs : certains développent un cancer, d'autres non. Les premiers ont une faiblesse physiologique héréditaire. Les circonstances ne font pas tout, la part de l'inné est immense."

Beaucoup plus intelligente, on s'en douterait est le propos tenu par le philosophe, sauf sur ce point, où il affirme : "Pour autant, on ne naît pas homosexuel, ni hétérosexuel, ni pédophile. Je pense que nous sommes façonnés, non pas par nos gènes, mais par notre environnement, par les conditions familiales et socio-historiques dans lesquelles nous évoluons." D'évidence, nous sommes façonnés par notre environnement mais nos gènes expriment, taisent, favorisent, font obstacle à un certain nombre d'expressions de notre être, la science apporte sans cesse des informations qui soulignent leur importance. S'ils ne peuvent en aucun cas être tenus pour insignifiants, on ne peut plus mettre en doute sérieusement aujourd'hui qu'ils ne possèdent pas les clefs d'un quelconque déterminisme social, et que l'éducation et la culture sont les artisans les plus importants de la vie d'un individu. Cependant, Michel Onfray ne sait pas plus qu'un autre pourquoi, véritablement, manifeste-t-on des attirances sexuelles particulières alors que, par ailleurs, la science a commencé d'explorer quelques pistes déterministes, qui demeurent cependant très limitées et fragiles.

campagne présidentielle

Pendant cette campagne, le candidat Sarkozy lance un slogan : "travailler plus pour gagner plus"

Deux choses :
- La France comptait un peu plus de 8% de chômeurs (2,2 millions de personnes)
- Les heures supplémentaires ne sont pas de la décision de l'employé. C'est l'employeur qui décide quand elles sont utiles à la société, qui doit les accomplir et combien de temps cela durera.
 
"Dans cette élection, il s'agit de savoir si l'héritage de mai 68 doit être perpétué ou s'il doit être liquidé une bonne fois pour toutes".
 
juin 2007,
Accélération du processus du projet d'autonomie des universités
 
Qu'en penser ?
 
"...la loi Faure de novembre 1968 a fait de l'autonomie des universités l'un des grands acquis de la contestation du Printemps. La loi Savary consacrera cette autonomie et la gestion de l'université par l'ensemble de ses acteurs en 1984. Mais la réforme proposée par le gouvernement sacrifie cette autonomie sur l'autel du libéralisme et du conservatisme. Cette loi ouvre la voie au démantèlement du service public de l'enseignement supérieur et de la recherche (création de fondations, multiplication des embauches de contractuels, etc), elle rend tout-puissants les Présidents d'Université en affaiblissant les contre-pouvoirs, elle est floue sur les conditions des transferts de compétences, elle néglige les acteurs de l'université (étudiants et personnels), etc. Sur le fond, cette réforme est d'autant plus inacceptable qu'elle cache sa véritable identité. A travers cette loi, le Chef de l'Etat amorce son processus réactionnaire. C'est en rompant avec le gaullisme que Nicolas Sarkozy l'a emporté. C'est en y revenant qu'il entend gouverner."

extrait de : http://www.facverte.org/joomla/index.php?option=com_content&task=view&id=72&Itemid=1


26 juillet 2007,
Allocution de l'Université de Dakar, Sénégal

"Je veux vous dire, jeunes d'Afrique, que le drame de l'Afrique n'est pas dans une prétendue infériorité de son art, sa pensée, de sa culture... L'art moderne doit presque tout à l'Afrique... Je veux donc dire, à la jeunesse d'Afrique, que le drame de l'Afrique ne vient pas de ce que l'âme africaine serait imperméable à la logique et à la raison...Je suis venu vous dire que vous n'avez pas à avoir honte des valeurs de la civilisation africaine...Je suis venu vous dire que l'homme moderne qui éprouve le besoin de se réconcilier avec la nature a beaucoup à apprendre de l'homme africain qui vit en symbiose avec la nature depuis des millénaires...Je suis venu vous dire que cette déchirure entre ces deux parts de vous-mêmes est votre plus grande force, et votre plus grande faiblesse selon que vous vous efforcerez ou non d'en faire la synthèse...Je suis venu vous dire que cette part africaine et cette part européenne de vous-mêmes forment votre identité déchirée...

Je ne suis pas venu vous faire la morale...

Mais je suis venu vous dire que la part d'Europe qui est en vous est le fruit d'un grand péché d'orgueil de l'Occident mais que cette part d'Europe en vous n'est pas indigne. Car elle est l'appel de la liberté, de l'émancipation et de la justice et de l'égalité entre les femmes et les hommes. Car elle est l'appel à la raison et à la conscience universelles...

Le drame de l'Afrique, c'est que l'homme africain n'est pas assez entré dans l'histoire. Le paysan africain, qui depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l'idéal de vie est d'être en harmonie avec la nature, ne connaît que l'éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles. Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n'y a de place ni pour l'aventure humaine, ni pour l'idée de progrès. Dans cet univers où la nature commande tout, l'homme échappe à l'angoisse de l'histoire qui tenaille l'homme moderne mais l'homme reste immobile au milieu d'un ordre immuable où tout semble être écrit d'avance. Jamais l'homme ne s'élance vers l'avenir. Jamais il ne lui vient à l'idée de sortir de la répétition pour s'inventer un destin.

Le problème de l'Afrique et permettez à un ami de l'Afrique de le dire, il est là. Le défi de l'Afrique, c'est d'entrer davantage dans l'histoire. C'est de puiser en elle l'énergie, la force, l'envie, la volonté d'écouter et d'épouser sa propre histoire. Le problème de l'Afrique, c'est de cesser de toujours répéter, de toujours ressasser, de se libérer du mythe de l'éternel retour, c'est de prendre conscience que l'âge d'or qu'elle ne cesse de regretter, ne reviendra pas pour la raison qu'il n'a jamais existé. Le problème de l'Afrique, c'est qu'elle vit trop le présent dans la nostalgie du paradis perdu de l'enfance. Le problème de l'Afrique, c'est que trop souvent elle juge le présent par rapport à une pureté des origines totalement imaginaire et que personne ne peut espérer ressusciter. Le problème de l'Afrique, ce n'est pas de s'inventer un passé plus ou moins mythique pour s'aider à supporter le présent mais de s'inventer un avenir avec des moyens qui lui soient propres. Le problème de l'Afrique, ce n'est pas de se préparer au retour du malheur, comme si celui-ci devait indéfiniment se répéter, mais de vouloir se donner les moyens de conjurer le malheur, car l'Afrique a le droit au bonheur comme tous les autres continents du monde. Le problème de l'Afrique, c'est de rester fidèle à elle-même sans rester immobile.

Le défi de l'Afrique, c'est d'apprendre à regarder son accession à l'universel non comme un reniement de ce qu'elle est mais comme un accomplissement..."

Ce texte du scribe officiel Henri Guaino a surtout été critiqué pour le paragraphe sur l'histoire, mais il recèle, un peu partout un anticolonialisme encore empreint d'un sentiment de supériorité et un ethnocentrisme qui peine à se déguiser, celui d'un esprit réactionnaire et qui méconnaît les travaux des Africains eux-mêmes sur leur propre histoire.

extrait de :
http://www.elysee.fr/elysee/elysee.fr/francais/interventions/2007/juillet/allocution_a_l_universite_de_dakar.79184.html

 
22 août 2007,
Publication au Journal Officiel de la règlementation dite du "Paquet" ou "Bouclier" fiscal.
 
Un beau cadeau aux plus aisés d'entre nous puisque près de la moitié des 11 milliards d’allégements prévus vont aux ménages moyens et supérieurs ainsi qu'aux plus aisés, en très grande majorité à ceux qui détiennent les patrimoines les plus élevés.
 
25 novembre 2007,
Journal Télévisé du 20 heures, TF1,France 2 et France3
 
À propos des problèmes de violences en banlieue après les évènements de Villiers-le-Bel :
 
"À trop vouloir expliquer l'inexplicable, on finit par excuser l'inexcusable."
 
29 novembre 2007
La Défense
 
après les évènements de Villiers-le-Bel :
 
"...ce qui s'est passé à Villiers-le-Bel n'a rien à voir avec une crise sociale, ça a tout à voir avec la voyoucratie... Il y a le malaise social, il y a une immigration qui pendant des années n'a pas été maîtrisée, des ghettos qui ont été créés, des personnes qui ne se sont pas intégrées."
et il promet d'aider "ceux qui veulent s'en sortir honnêtement".
 
20 décembre 2007,
Saint-Jean-de-Latran, Italie

"Dans la transmission des valeurs et dans l'apprentissage de la différence entre le bien et mal, l'instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur même s'il est important qu'il s'en rapproche parce qu'il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d'un engagement porté par l'espérance."
 
23 février 2008,
Salon de l'Agriculture

Nicolas Sarkozy fend la foule, tend la main, distribue les "bonjour !"
- "Ah non, touche-moi pas... lance un visiteur très près de lui.
- Casse-toi, alors.
- Tu me salis.
- Casse-toi, alors, pauv' con..."

14 mars 2008,
décret sur l'enseignement privé
 
Nicolas Sarkozy signe le décret n°2008-263, article 15 (V), qui abroge l'article V des lois et décrets légiférant sur l’enseignement privé sous contrat avec l’état.
Cet article 5 prévoyait que :
"L’organisation des services d’enseignement, dans les classes sous contrat d’association, fait l’objet d’un tableau de service soumis aux autorités académiques. L’instruction religieuse peut être dispensée soit aux heures non occupées par l’emploi du temps des classes, soit à la première ou à la dernière heure de l’emploi du temps de la matinée ou de l’après-midi Les autres heures d’activités spirituelles et éducatives complémentaires ne peuvent être incluses dans le tableau de service."
 
En abrogeant cet article, le président écorne sérieusement la loi de 1905 sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat. Les écoles religieuses ont dès lors beaucoup de latitudes dans leurs programmes, qui ne sont plus contrôlés par l'Education Nationale. Libres à elle de dispenser un temps indéfini d'éducation spirituelle, les croyances pouvant contenir des fadaises comme l'enseignement du créationnisme, par exemple, ou autres dérives sectaires ou/et extrémistes.
 
 
avril 2008,
Discours officiel sur la réforme de l'hôpital public
 
Qu'en pense une partie du monde hospitalier ?
 
"Un directeur comme patron, des déficits résorbés, des services soumis à une tarification à la pathologie, des médecins rémunérés, en partie, au mérite, des contrats passés avec la tutelle, le chef de l’Etat souhaite que les hôpitaux adoptent les règles de l’économie de marché. Une révolution difficile à concilier avec la mission de service public, rétorque une partie du monde hospitalier."
 
extrait de :
http://www.medecinews.com/3194/sarkozy-veut-construire-lhopital-entreprise.html
 
5 juillet 2008,
Conseil National de l'UMP
 
"La France est en train de changer... Elle change beaucoup plus vite et beaucoup plus profondément qu'on ne le croit. Désormais, quand il y a une grève en France, personne ne s'en aperçoit."

7 avril 2009,
Table-Ronde de la Recherche à Venelles (Bouches du Rhône)
 
"On l’a fait voter, franchement c’est un choix sur lequel je ne reviendrai jamais, je préfère le dire, parce que je crois profondément et en conscience que le choix de l’autonomie est fondamental... Je veux dire au monde universitaire que leur donner l’autonomie, c’est leur faire confiance
 
28 mai 2009,
Propositions de lutte contre l'insécurité et les violences en milieu scolaire par Xavier Darcos et Nicolas Sarkozy
 
A propos de l'installation de portiques électroniques et autres mesures sécuritaires au sein des écoles (fouilles systématiques des élèves, sanctions financières des "parents défaillants") :
"Bien sûr qu'il est regrettable d'en arriver là. Mais comment agir autrement dans un tel contexte?" ...
"Aucune rue, cave ou cage d'escalier ne doit être abandonnée aux voyous"...
 
"Cette réponse n'a pourtant pas fait la preuve de son efficacité. Aux Etats-Unis, malgré des fusillades très médiatisées, les portiques de sécurité n'ont été adoptés que par une minorité d'établissements.Selon le dernier rapport du National Center for Education Statistics, en 2006, seulement 1% des établissements publics disposaient d'un portique à temps plein, et 5% pratiquaient des contrôles-surprises avec des détecteurs de métaux. Raisons invoquées par leurs directeurs : le coût des équipements, le manque de moyens humains pour les faire fonctionner mais aussi des doutes sur leur efficacité.
 
"Les syndicats enseignants en sont également persuadés : la solution n'est pas technologique. Le SNES exige le recrutement, en nombre suffisant, de personnels statutaires et formés pour apporter, dans le cadre d'équipes pluriprofessionnelles complètes, des réponses éducatives sérieuses qui prennent en compte tous les facteurs qui engendrent ou aggravent les phénomènes de violence dans l'école. Xavier Darcos, lui, refuse de voir un lien entre l'agression de Fenouillet et les réductions de postes en cours : « Vous ne réglerez pas avec un demi-poste de surveillant de plus le fait qu'un enfant de 13 ans arrive avec un couteau pour frapper un professeur alors qu'on n'a aucun signalement de violence. »"
 
extrait de :
http://www.rue89.com/2009/05/17/securite-a-lecole-plus-de-pions-ou-plus-de-portiques